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Les ergothérapeutes et la déontologie

Il est permis d’affirmer que « nul n’est censé ignorer ses obligations déontologiques », paraphrasant ainsi la célèbre maxime « nul n’est censé ignorer la loi ». Pourtant, si la formation universitaire qui mène au diplôme donnant ouverture au permis est en mesure d’assurer au public des ergothérapeutes compétents, on constate que l’enseignement dispensé par les universités ne prépare pas suffisamment les futurs professionnels au respect des règles déontologiques. L’ergothérapeute, membre d’un ordre reconnu et régi par le Code des professions, se voit conférer des droits et privilèges par le législateur. En retour, on attend de lui qu’il respecte certaines exigences d’éthique qui vont au-delà de celles imposées à tout citoyen. Chez les professionnels, ces exigences ont été traduites par le concept de « déontologie », créé par un auteur anglais du XVIIIe siècle, Jeremy Bentham, qui définissait ainsi succinctement ce nouveau terme : « L’art de faire ce qu’il est convenable de faire. »

Certes, tout ergothérapeute a pour désir d’exercer sa profession en respectant ses obligations déontologiques. Cependant, cette volonté se heurte parfois à une méconnaissance de la structure législative réglementaire mise en place par le législateur et qui vise à protéger le public. Ces règles, en constante évolution, commandent au professionnel d’acquérir et de tenir à jour ses connaissances en matière de déontologie.

À titre d’exemple, le droit au secret professionnel, concept déontologique universel et même enchâssé dans la Charte des droits et libertés de la personne, a connu d’importants développements au cours des 10 dernières années avec l’ajout d’exceptions prévues dans des lois ou au Code de déontologie. Les notions de conflit d’intérêts et d’indépendance professionnelle, lesquelles ont connu récemment de retentissants exemples dans l’actualité, sont également en voie d’être remaniées sur le plan réglementaire pour certains ordres professionnels, avec d’inévitables répercussions dans l’ensemble du monde professionnel, notamment en matière de ristournes et d’autres avantages. Les nouveaux types d’organisation de services professionnels dorénavant permis par le législateur et en voie d’être réglementés (société par actions et pratique multidisciplinaire) sont et seront également une source importante de modifications aux règles déontologiques. On pourrait citer ainsi une multitude de sujets où le professionnel se doit d’ajuster sa pratique à la norme déontologique, elle-même évolutive.

L’Ordre des ergothérapeutes du Québec est conscient du défi auquel fait face le professionnel soucieux de respecter les lois et les règlements professionnels. Dans le cadre du programme de formation continue de l’Ordre, deux cours sont dispensés. Le premier, d’ordre général, vise à sensibiliser les ergothérapeutes à l’environnement légal et déontologique dans lequel baigne leur pratique quotidienne. Le second, plutôt axé sur l’exercice en pratique privée, est davantage destiné aux ergothérapeutes issus de ce milieu de pratique et s’intéresse aux problématiques qui y sont propres. Ces cours, intégrant contenu théorique et exercices pratiques, constituent une occasion unique de parfaire ses connaissances et d’ajuster ses comportements, bref, ils contribuent à former des professionnels mieux éclairés, susceptibles de bien servir leur clientèle, conscients de leurs obligations déontologiques et donc de « ce qu’il est convenable de faire ».

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